How can one be a capitalist?
Right-wing pseudo-philosophers have built their certainties around a few points to which they cling to tenaciously. In all their articles, we easily find the same nonsense. One of the latest examples is the magnificent ‘interrogation’ conducted by our former education minister, Luc Ferry, in Le Figaro (March 10), who wonders ‘how can one be a Maoist?’ today, denouncing it as a ‘holy alliance between the old senile and the futile youth.’
Central to Ferrys’ argument, as is always the case with reactionaries, is the concept of shame: ‘Shame on you, people of communism, who support an ideology that cost one hundred and twenty million dead.’ Oh how weary we have become of your mantra, gentlemen, and how we have come to endure your repetitive & macabre call to accountability, as you hold the moral high-ground, your black book of communism, serving you as an ideal and convenient tool to conceal the two questions which need to be asked: that of the absence of justice, and that of the eternal value of the hypothesis of the community, namely the Idea of communism.
So are we to accept at face-value your ideology of half-conscious vultures and your capitalism, portrayed as fragrant as menthol breath and as innocent as childhood? How is your call for accountability applicable to the three million Vietnamese victims of Agent Orange and napalm? And since you insist on the teaching of expeditious history, what do you say to the origins of the slave trade, the extermination of Native Americans, the colonization, and the eminently capitalist causes of the First World War (and consequently, those of the Second World War)? Who are you kidding with your little game of slaughter, if not those with a memory as nuanced as yours? It’s not difficult for you capitalists to recognize yourselves as world champions of mass destruction throughout history. Isn’t Nazism, ultimately, on your side, a Fool’s mate on your chessboard of legal fairies, which you conveniently manipulate for your continuous and fascists ends? Isn’t your Marianne, in these Sarkozist times, in reality, Marine? As you hypocritically denounce the self-avowed radicalism of the ‘Beast’ Le Pen’ – when this Beast is but the Beauty which suits your ends?
My dear Luc Ferry, I know only too well that you would like the 'hirondelles de la mort’ (1) to be on a single side: ours. This would be much easier for you and for the squadrons of silent, systematic barbarity by indifference towards the nine million dead from hunger and disease worldwide each year. A symbolic death that the system operates daily in the rich countries on its subjects - which is actually called a ‘subject’, not subjects, in the philosophical sense of the term- a subject, we say, and not a spectator, not a producer, not a consumer… But do you know what it is, this one thing in us that makes life meaningful, and not reduced to the flavour of a can of Coca-Cola and the brainless desire to consume? This is called - this sense- a Subject: a truly collective subject.
Your short insight functions well as long as we avoid thinking. Only as it happens, we, the communists, actually think! And we happen to think that any man/woman can think for him/herself.
Always the same terror in velvet gloves: "Do not move, besides, you're dead, you're finished. Stalin killed you, yourselves ... "And you dare speak of a trend of communism among young intellectuals! So we just happen to wake up in the morning thinking: "Oh, what if I were to put on a nice Marxist suit today, just to make myself look like a trendy punk?” Do you really believe that we have embraced the commercial superficiality and consumerism which leads nowhere but to an aimless end that you basically support? The fact that you’re talking of a communist ‘fashion’ among young intellectuals is enough proof that you only think in these categories. You accept a pure materialism of wandering and appropriation, without a real human purpose, nor ending. But who do you take us for? We endure the contempt from your generation of intellectuals inflicted on our new generation, as yours believes - a little too prematurely- to have liquidated the ‘68 ideals which witnessed our birth; Your contempt, particularly of the political situation and of the current challenges it represents, shuts out the healthy revolt of the people -the community- sprouting everywhere, this revolt you want to remain deaf to.
Pity the right-wing philosophers for they have forgotten the true meaning of philosophy, only responding to the journalistic knee-jerk reaction. We can do the same, you see? The process is so easy! And of course we would! We, the fools, the suggestible, and the victims of opium Marxism but only if that makes you– which is more likely- the institutionalized-empowered philosophers-clowns, the zeros points as far as philosophy is concerned and of fake, non-authentic politics.
Fabien Tarby
Translation : Nada Cabani
Footnotes:
(1) this is the name given to an enemy regiment by the German army
vendredi 16 avril 2010
jeudi 8 avril 2010
Comment peut-on être capitaliste ?
Une réponse à Luc Ferry et Cie.
Les pseudo-philosophes de droite ont érigé leurs certitudes autour de quelques points auxquels ils s'attachent mordicus.
Dans tous leurs articles, nous retrouvons sans peine les mêmes idioties. L'un des derniers exemples en date, à notre connaissance, est la magnifique interrogation de notre ex-ministre de l'éducation Luc Ferry dans le Figaro du 10 mars 2010, qui se demande bien « comment peut-on être « maoïste ? », aujourd'hui, et qui dénonce une « sainte alliance entre vieillards séniles et jeunesse futile. »
Disons que l'argument central de Ferry, comme toujours, chez les réactionnaires, est l'argument de la honte : « Honte à vous, les gens du communisme, qui soutenez une idéologie qui fit « cent vingt millions de morts ». Mais, mon dieu, quelle lassitude, Messieurs, que d'endurer votre essentielle et perpétuelle comptabilité macabre, votre livre noir du communisme, comme s'il s'agissait là d'une massue idéale et parfaite à l'égard des deux questions que vous voulez, en réalité, occulter, celle de l'absence de justice présente. Et celle de la valeur éternelle de l'hypothèse de la communauté, de l'Idée même du communisme.
Il est sûr que votre idéologie de charognards, à moitié inconsciente, votre capitalisme, est d'enfance innocente et d'haleine au menthol : que faites-vous donc, lorsque vous établissez vos comptes mortifères, au Figaro, des 3 millions de victimes de l'agent orange et du napalm vietnamiens ? Et, puisque vous voulez donner des leçons expéditives d'Histoire, de l'originaire traite des Noirs, de l'extermination des Indiens d'Amérique, de la colonisation, des causes éminemment capitalistes de la première guerre mondiale (et, donc, en conséquence, de la deuxième) ? De qui se moque-t-on au petit jeu de massacre, sinon d'une mémoire plus attentive et nuancée que la vôtre ? Il ne nous serait pas difficile, vous, les capitalistes, de vous reconnaître champion du monde de l'anéantissement des masses à travers l'histoire. Le nazisme n'est-il pas, finalement, de votre côté, ce Fou même qu'il vous reste à penser sur l'échiquier de vos pas de fée légaux, continuellement et discrètement fascistes : votre Marianne ne tient-elle pas d'une certaine Marine, en ces temps faisandé de sarkozysme, bien que vous dénonciez avec hypocrisie l'autonomie et la radicalité avouée de la Bête lepeniste - cette Belle qui, finalement, vous sied ?
Je sais bien, cher Luc Ferry, que vous aimeriez que les « hirondelles de la mort » soient d'un unique côté, le nôtre. Ce serait tellement plus simple, pour les escadrons actuels et silencieux, systématiques, de votre barbarie par indifférence, ces 9 millions de morts de faim et de maladie dans le monde chaque année. Et pour cette mort symbolique que le système administre quotidiennement, dans les pays riches, eux-mêmes, aux sujets, à ce qui s'appelle réellement un Sujet, au sens le plus philosophique du terme – un Sujet, disons-nous, pas un spectateur, un producteur, un consommateur... Mais savez-vous ce que c'est, cette seule chose en nous qui fait que la vie ait un sens, et qui n'est pas réductible à la saveur d'une boîte de Coca-Cola et au temps de cerveau disponible pour le désir de consommer ? Cela s'appelle, ce sens, un Sujet. Un sujet vraiment collectif.
Votre courte pensée fonctionnera tant que nous éviterons de penser. Seulement, nous, les communistes, nous pensons, et nous pensons justement que tout homme peut penser.
Toujours votre même terreur en gants de velours : « Ne bougez plus, d'ailleurs vous êtes morts, vous êtes terminés. Staline vous a tués, vous-mêmes...» Et vous osez parler d'une mode du communisme, chez les jeunes intellectuels... Nous nous réveillons en effet le matin en pensant : « Tiens, et si je mettais un beau costume de marxiste, histoire de faire punk-chic, ou de renouveler la bobo-itude ? » Croyez-vous donc que nous avons fait à ce point nôtre la superficialité marchande et de marque de la consommation sans but – ce sans but qu'au fond vous soutenez. Que vous parliez de mode communiste chez les jeunes intellectuels prouve assez que vous ne pensez déjà plus qu'à travers de telles catégories... Vous acceptez, vous, un pur matérialisme d'errance et d'appropriation, sans fin humaine réelle. Mais pour qui nous prenez-vous ? Mépris de votre génération d'intellectuels installés pour notre nouvelle génération, et qui croit un peu vite avoir liquidé la pensée 68 qui nous vit naître. Mépris, surtout, de la situation politique, des enjeux actuels, et de cette saine révolte de la communauté qui sourd d'un peu partout, mais à laquelle vous aimeriez justement rester sourds.
Ces pauvres philosophes droitiers oublient qu'ils ont, eux, oublié le sens même de la philosophie, se tenant seulement dans la réaction journalistique. Nous pouvons faire de même, voyez-vous ?, le procédé étant tellement aisé. Et, bien sûr, nous serions, nous, les crétins, les influençables, les victimes de l'opium marxiste. A moins que vous ne soyez, vous - ce qui est plus probable - les clowns-philosophes du pouvoir d'institution, les points zéros de la philosophie, et de la politique authentique.
Fabien Tarby
Les pseudo-philosophes de droite ont érigé leurs certitudes autour de quelques points auxquels ils s'attachent mordicus.
Dans tous leurs articles, nous retrouvons sans peine les mêmes idioties. L'un des derniers exemples en date, à notre connaissance, est la magnifique interrogation de notre ex-ministre de l'éducation Luc Ferry dans le Figaro du 10 mars 2010, qui se demande bien « comment peut-on être « maoïste ? », aujourd'hui, et qui dénonce une « sainte alliance entre vieillards séniles et jeunesse futile. »
Disons que l'argument central de Ferry, comme toujours, chez les réactionnaires, est l'argument de la honte : « Honte à vous, les gens du communisme, qui soutenez une idéologie qui fit « cent vingt millions de morts ». Mais, mon dieu, quelle lassitude, Messieurs, que d'endurer votre essentielle et perpétuelle comptabilité macabre, votre livre noir du communisme, comme s'il s'agissait là d'une massue idéale et parfaite à l'égard des deux questions que vous voulez, en réalité, occulter, celle de l'absence de justice présente. Et celle de la valeur éternelle de l'hypothèse de la communauté, de l'Idée même du communisme.
Il est sûr que votre idéologie de charognards, à moitié inconsciente, votre capitalisme, est d'enfance innocente et d'haleine au menthol : que faites-vous donc, lorsque vous établissez vos comptes mortifères, au Figaro, des 3 millions de victimes de l'agent orange et du napalm vietnamiens ? Et, puisque vous voulez donner des leçons expéditives d'Histoire, de l'originaire traite des Noirs, de l'extermination des Indiens d'Amérique, de la colonisation, des causes éminemment capitalistes de la première guerre mondiale (et, donc, en conséquence, de la deuxième) ? De qui se moque-t-on au petit jeu de massacre, sinon d'une mémoire plus attentive et nuancée que la vôtre ? Il ne nous serait pas difficile, vous, les capitalistes, de vous reconnaître champion du monde de l'anéantissement des masses à travers l'histoire. Le nazisme n'est-il pas, finalement, de votre côté, ce Fou même qu'il vous reste à penser sur l'échiquier de vos pas de fée légaux, continuellement et discrètement fascistes : votre Marianne ne tient-elle pas d'une certaine Marine, en ces temps faisandé de sarkozysme, bien que vous dénonciez avec hypocrisie l'autonomie et la radicalité avouée de la Bête lepeniste - cette Belle qui, finalement, vous sied ?
Je sais bien, cher Luc Ferry, que vous aimeriez que les « hirondelles de la mort » soient d'un unique côté, le nôtre. Ce serait tellement plus simple, pour les escadrons actuels et silencieux, systématiques, de votre barbarie par indifférence, ces 9 millions de morts de faim et de maladie dans le monde chaque année. Et pour cette mort symbolique que le système administre quotidiennement, dans les pays riches, eux-mêmes, aux sujets, à ce qui s'appelle réellement un Sujet, au sens le plus philosophique du terme – un Sujet, disons-nous, pas un spectateur, un producteur, un consommateur... Mais savez-vous ce que c'est, cette seule chose en nous qui fait que la vie ait un sens, et qui n'est pas réductible à la saveur d'une boîte de Coca-Cola et au temps de cerveau disponible pour le désir de consommer ? Cela s'appelle, ce sens, un Sujet. Un sujet vraiment collectif.
Votre courte pensée fonctionnera tant que nous éviterons de penser. Seulement, nous, les communistes, nous pensons, et nous pensons justement que tout homme peut penser.
Toujours votre même terreur en gants de velours : « Ne bougez plus, d'ailleurs vous êtes morts, vous êtes terminés. Staline vous a tués, vous-mêmes...» Et vous osez parler d'une mode du communisme, chez les jeunes intellectuels... Nous nous réveillons en effet le matin en pensant : « Tiens, et si je mettais un beau costume de marxiste, histoire de faire punk-chic, ou de renouveler la bobo-itude ? » Croyez-vous donc que nous avons fait à ce point nôtre la superficialité marchande et de marque de la consommation sans but – ce sans but qu'au fond vous soutenez. Que vous parliez de mode communiste chez les jeunes intellectuels prouve assez que vous ne pensez déjà plus qu'à travers de telles catégories... Vous acceptez, vous, un pur matérialisme d'errance et d'appropriation, sans fin humaine réelle. Mais pour qui nous prenez-vous ? Mépris de votre génération d'intellectuels installés pour notre nouvelle génération, et qui croit un peu vite avoir liquidé la pensée 68 qui nous vit naître. Mépris, surtout, de la situation politique, des enjeux actuels, et de cette saine révolte de la communauté qui sourd d'un peu partout, mais à laquelle vous aimeriez justement rester sourds.
Ces pauvres philosophes droitiers oublient qu'ils ont, eux, oublié le sens même de la philosophie, se tenant seulement dans la réaction journalistique. Nous pouvons faire de même, voyez-vous ?, le procédé étant tellement aisé. Et, bien sûr, nous serions, nous, les crétins, les influençables, les victimes de l'opium marxiste. A moins que vous ne soyez, vous - ce qui est plus probable - les clowns-philosophes du pouvoir d'institution, les points zéros de la philosophie, et de la politique authentique.
Fabien Tarby
vendredi 12 mars 2010
Riposte
RIPOSTE
Le long article d'Eric Conan consacré à Alain Badiou dans l'hebdomadaire Marianne du 27 février 2010 intitulé : « Alain Badiou. La star de la philosophie est-il un salaud ?» est un symptôme politique par excellence de notre triste temps. Il est à ce titre remarquable, comme peuvent l'être, en archétypes, les plus représentatives productions des idéologies régnantes. Il relève d'un procédé d'inquisition visant à présenter le philosophe français le plus lu, traduit et commenté dans le monde – c'est un fait – comme une sorte de gourou sadique, de criminel politique, de vampire lubrique assoiffé.
*
L'article d'Eric Conan vise à discréditer ce que le nom et la pensée d'Alain Badiou représentent aujourd'hui - et éternellement -, en particulier chez les jeunes intellectuels, à partir d'une sorte d'enquête visant à criminaliser l’homme.
L'article d'Eric Conan est, il est vrai, dépourvu de toute compréhension philosophique, mais aussi politique, de l'œuvre de Badiou. Absolue vacuité. Révélatrice de la stratégie rampante d'un certain journalisme, et de sa déperdition dans l'inessentiel : quand l'ad hominem remplace la question des Idées ; et le fait divers, ou l'art de trouver de prétendues poubelles personnelles, les pensées.
L'article d'Eric Conan est un modèle dans l'ordre de la non-pensée du temps. Il constitue la quintessence, plus ou moins inconsciente, de l'idéologie douce et opiacée qu'un certain journalisme propage : que l'on comprend une œuvre sans la lire, et qu'on peut la réduire à un procès en sorcellerie de l'auteur ; que le communisme est l'envers du nazisme, et que ceux, parmi les citoyens, qui s'en réclament ou s'en sont réclamés, sous quelque forme que ce soit, sont des individus fondamentalement malades. L'équation aberrante du temps est en effet celle-ci : communisme = nazisme. Point final.
*
Contre cela, nous affirmons :
1.Que l'œuvre d'Alain Badiou est celle d'un grand philosophe. Ceux qui contesteront ce point devront d'abord en passer par les arcanes de l'Etre et l'Evenement et de Logiques des mondes. Nous verrons alors s'il en reste pour nier ce point, sinon par le ressentiment de n'avoir rien compris.
2.Que les positions politiques d'Alain Badiou, à savoir, d'une part, ses critiques du capitalo-parlementarisme, de la confusion entre la forme vide de la démocratie et sa force vive, du cinéma de la représentation parlementaire ; d'autre part son affirmation d'un « communisme générique », soutenu par l'Idée d'égalité, de Spartacus à aujourd'hui, sont les seules positions qui méritent maintenant le nom de politique authentique .
Le reste, bien installé, béni par tant de structures et d'hommes, et dont la critique vous assimile immédiatement à des loups-garous, à de diaboliques anti-démocrates, n'est que la forme contemporaine d'une idéologie de putois à moitié inconscients de leurs propres effluves : lorsque 9 millions d'hommes et de femmes meurent de faim et de maladie chaque année dans le monde mais que l'on préfère débattre de la main heureuse ou tricheuse du footballeur Henry, lorsqu'on assimile un sans-papier, un arabe ou un noir à un nécessaire délinquant, lorsque l'on fait croire au monde que son problème central se tient dans la terreur d'Al-Quaïda, et que l'on glisse ainsi dans une confusion si stupide qu'elle assimile 1,5 milliards de musulmans, si différents les uns des autres, à un phénomène purement sectaire, lorsque l'on fait d'une exception, la burka, pas plus répugnante que le droit de se teindre les cheveux en rouge, un débat de société central.
Et lorsque l'on cautionne ce fantôme de démocratie qui résulte de nos vieilles institutions et de ses paramètres à géométrie variable, rendant caduque le vote d'un peuple sur l'Europe par un tour de passe-passe à la chambre des députés, et lorsque, tous les jours, on habitue le citoyen à des catégories stupides : les mauvais communistes et les bons démocrates, la bonne Amérique et le mauvais Saddam... Lorsqu'on encense la Révolution française et diabolise la révolution russe. Lorsqu'on divise le peuple pour mieux régner, tandis que d'incroyables flux financiers se font et se défont virtuellement. Lorsqu'on se satisfait, finalement, du monde comme il va... Et que l'on nous fait croire que le possible est impossible.
3.Il vous sera, dès lors, difficile de faire passer Alain Badiou pour un fou solitaire. La réalité est que nous en avons assez de ces mensonges, de la complaisance pour ce système, et que nous ne renoncerons jamais à l'Idée du Communisme. Si problématique fût-elle, cette Idée, si nouveau son mode de réalisation, si critiques que nous puissions être sur l'histoire communiste du siècle passé, si différents sommes-nous dans nos propositions, nous savons une chose : qu'un communisme à réinventer, d'un nouveau genre, indéfini, est le seul avenir de l'homme. Parce qu'il est l'éternelle et seule vérité politique. La seule justice qu'une raison humaine puisse sainement concevoir.
*
Le temps n'est plus, que vous le vouliez ou non, aux mous, prétendus et arrivistes ''nouveaux philosophes'' – mais aux philosophes du renouveau.
Slavoj Žižek, Fabien Tarby, philosophes
et les premiers co-signataires :
Rodney C. Abbott, philosophe, USA - Camila Arbuet, étudiante, Argentine - Pierre Asquier, ingénieur géologue - Mehdi Belhaj Kacem, philosophe – Véronique Bergen, philosophe, écrivain, Belgique - Livio Boni, philosophe, psychologue clinicien, traducteur - Thomas Boisaubert, consultant en informatique – Bruno Besana, philosophe, Italie - Bruno Bosteels, philosophe, Cornell university, Ithaca – Moses Boudourides, philosophe, Grèce -Nada Cabani, écrivain, UK – Emilio Cafassi, université des sciences sociales de Buenos Aires, Argentine - Carlos Gomez Camarena, psychanalyste, Mexique – Miguel Candioti, philosophe, Argentine - Raul Cerdeiras, philosophe, Argentine – Alejandro Cerletti, philosophe, Argentine - Lorenzo Chiesa, philosophe, université de Kent – François Coadou, philosophe – Lidia Garcia de Vicana, traductrice, Espagne - François Duvert, philosophe – Les éditions Edicija Jugoslavija - Roque Farran, psychanalyste, Argentine - Oliver Feltham, philosophe, American university of Paris – Nicolas Floury, psychologue, philosophe – Florian Gulli, philosophe – Eric Hazan, écrivain, directeur des éditions La Fabrique - Valentin Husson, philosophe – Ljubomir Jakic, éditeur, ex-Yougoslavie, Belgique, Adnen Jdey, chercheur, Tunisie - Franck Jedrzejewski, philosophe - Adrian O Johnston, philosophe, USA – Gernot Kamecke, romaniste, philosophe, traducteur, Allemagne - Walter Kohan, Brésil - Jean-Luc Laurent, auditeur libre de philosophie – Carole Lagraulet, responsable sociale - Mauricio Langon, philosophe, Uruguay – Gustavo Lanzaro, écrivain, Uruguay – Grégoire Letouvet, metteur en scène - Denis Levy, cinéaste, directeur de L'art du cinéma – Martin Lojo, journaliste, argentine - J. Liam Fox, UK -Norman Madarasz, philosophe, Rio, Bresil - Maurice Matieu, artiste peintre – Victor Hugo Militello, militant, Argentine – Ivana Momcilovic, dramaturge, ex-Yougoslavie, Belgique - François Nicolas, compositeur – Christopher Norris, philosophe, UK – Martine Potel, infirmière - Leandro Garcia Poyzo, philosophe, Argentine – Ozren Pupovac, philosophe - Julien Rousseau, chargé de recrutement – Rodney Ramdas, philosophe, UK – François Regnault, philosophe - Kenneth Reinhard, philosophe, USA – Pablo Rodriguez, professeur d'Université, Argentine – Maria del Carmen Rodriguez, universitaire, écrivain, traductrice, Argentine – Ana Rozitchner Mebarek, philosophe, Argentine - Sophie Raous, doctorante en géologie – Frank Ruda, philosophe, Allemagne – Carlos de Santos, éditeur, Argentine - Pierre Sauvêtre, doctorant IEP de Paris - Florent Schoumacher – Zana Stefanovic, doctorante en philosophie - Aris Stilianou, philosophe, université de Thessalonique, Grèce - Julia Sushytska, philosophe, université de Redlands, USA - Michel Surya, écrivain, directeur des éditions Lignes - Angelina Uzin Olleros, philosophe, Argentine -Antonio Teixeira, enseignant, universitaire, Bresil - Marcus Vihalem, philosophe, université de Talinn, Estonie – Jan Völker, philosophe - Laura Yufra, philosophe, Argentine – Jorge Zanger, Argentine - Nicolas Zurstrassen, philosophe, Belgique – Claude Zylmans, libraire, Bruxelles
Chacun peut signer ce texte sur le site : 1000ripostes.blogspot.com
Le long article d'Eric Conan consacré à Alain Badiou dans l'hebdomadaire Marianne du 27 février 2010 intitulé : « Alain Badiou. La star de la philosophie est-il un salaud ?» est un symptôme politique par excellence de notre triste temps. Il est à ce titre remarquable, comme peuvent l'être, en archétypes, les plus représentatives productions des idéologies régnantes. Il relève d'un procédé d'inquisition visant à présenter le philosophe français le plus lu, traduit et commenté dans le monde – c'est un fait – comme une sorte de gourou sadique, de criminel politique, de vampire lubrique assoiffé.
*
L'article d'Eric Conan vise à discréditer ce que le nom et la pensée d'Alain Badiou représentent aujourd'hui - et éternellement -, en particulier chez les jeunes intellectuels, à partir d'une sorte d'enquête visant à criminaliser l’homme.
L'article d'Eric Conan est, il est vrai, dépourvu de toute compréhension philosophique, mais aussi politique, de l'œuvre de Badiou. Absolue vacuité. Révélatrice de la stratégie rampante d'un certain journalisme, et de sa déperdition dans l'inessentiel : quand l'ad hominem remplace la question des Idées ; et le fait divers, ou l'art de trouver de prétendues poubelles personnelles, les pensées.
L'article d'Eric Conan est un modèle dans l'ordre de la non-pensée du temps. Il constitue la quintessence, plus ou moins inconsciente, de l'idéologie douce et opiacée qu'un certain journalisme propage : que l'on comprend une œuvre sans la lire, et qu'on peut la réduire à un procès en sorcellerie de l'auteur ; que le communisme est l'envers du nazisme, et que ceux, parmi les citoyens, qui s'en réclament ou s'en sont réclamés, sous quelque forme que ce soit, sont des individus fondamentalement malades. L'équation aberrante du temps est en effet celle-ci : communisme = nazisme. Point final.
*
Contre cela, nous affirmons :
1.Que l'œuvre d'Alain Badiou est celle d'un grand philosophe. Ceux qui contesteront ce point devront d'abord en passer par les arcanes de l'Etre et l'Evenement et de Logiques des mondes. Nous verrons alors s'il en reste pour nier ce point, sinon par le ressentiment de n'avoir rien compris.
2.Que les positions politiques d'Alain Badiou, à savoir, d'une part, ses critiques du capitalo-parlementarisme, de la confusion entre la forme vide de la démocratie et sa force vive, du cinéma de la représentation parlementaire ; d'autre part son affirmation d'un « communisme générique », soutenu par l'Idée d'égalité, de Spartacus à aujourd'hui, sont les seules positions qui méritent maintenant le nom de politique authentique .
Le reste, bien installé, béni par tant de structures et d'hommes, et dont la critique vous assimile immédiatement à des loups-garous, à de diaboliques anti-démocrates, n'est que la forme contemporaine d'une idéologie de putois à moitié inconscients de leurs propres effluves : lorsque 9 millions d'hommes et de femmes meurent de faim et de maladie chaque année dans le monde mais que l'on préfère débattre de la main heureuse ou tricheuse du footballeur Henry, lorsqu'on assimile un sans-papier, un arabe ou un noir à un nécessaire délinquant, lorsque l'on fait croire au monde que son problème central se tient dans la terreur d'Al-Quaïda, et que l'on glisse ainsi dans une confusion si stupide qu'elle assimile 1,5 milliards de musulmans, si différents les uns des autres, à un phénomène purement sectaire, lorsque l'on fait d'une exception, la burka, pas plus répugnante que le droit de se teindre les cheveux en rouge, un débat de société central.
Et lorsque l'on cautionne ce fantôme de démocratie qui résulte de nos vieilles institutions et de ses paramètres à géométrie variable, rendant caduque le vote d'un peuple sur l'Europe par un tour de passe-passe à la chambre des députés, et lorsque, tous les jours, on habitue le citoyen à des catégories stupides : les mauvais communistes et les bons démocrates, la bonne Amérique et le mauvais Saddam... Lorsqu'on encense la Révolution française et diabolise la révolution russe. Lorsqu'on divise le peuple pour mieux régner, tandis que d'incroyables flux financiers se font et se défont virtuellement. Lorsqu'on se satisfait, finalement, du monde comme il va... Et que l'on nous fait croire que le possible est impossible.
3.Il vous sera, dès lors, difficile de faire passer Alain Badiou pour un fou solitaire. La réalité est que nous en avons assez de ces mensonges, de la complaisance pour ce système, et que nous ne renoncerons jamais à l'Idée du Communisme. Si problématique fût-elle, cette Idée, si nouveau son mode de réalisation, si critiques que nous puissions être sur l'histoire communiste du siècle passé, si différents sommes-nous dans nos propositions, nous savons une chose : qu'un communisme à réinventer, d'un nouveau genre, indéfini, est le seul avenir de l'homme. Parce qu'il est l'éternelle et seule vérité politique. La seule justice qu'une raison humaine puisse sainement concevoir.
*
Le temps n'est plus, que vous le vouliez ou non, aux mous, prétendus et arrivistes ''nouveaux philosophes'' – mais aux philosophes du renouveau.
Slavoj Žižek, Fabien Tarby, philosophes
et les premiers co-signataires :
Rodney C. Abbott, philosophe, USA - Camila Arbuet, étudiante, Argentine - Pierre Asquier, ingénieur géologue - Mehdi Belhaj Kacem, philosophe – Véronique Bergen, philosophe, écrivain, Belgique - Livio Boni, philosophe, psychologue clinicien, traducteur - Thomas Boisaubert, consultant en informatique – Bruno Besana, philosophe, Italie - Bruno Bosteels, philosophe, Cornell university, Ithaca – Moses Boudourides, philosophe, Grèce -Nada Cabani, écrivain, UK – Emilio Cafassi, université des sciences sociales de Buenos Aires, Argentine - Carlos Gomez Camarena, psychanalyste, Mexique – Miguel Candioti, philosophe, Argentine - Raul Cerdeiras, philosophe, Argentine – Alejandro Cerletti, philosophe, Argentine - Lorenzo Chiesa, philosophe, université de Kent – François Coadou, philosophe – Lidia Garcia de Vicana, traductrice, Espagne - François Duvert, philosophe – Les éditions Edicija Jugoslavija - Roque Farran, psychanalyste, Argentine - Oliver Feltham, philosophe, American university of Paris – Nicolas Floury, psychologue, philosophe – Florian Gulli, philosophe – Eric Hazan, écrivain, directeur des éditions La Fabrique - Valentin Husson, philosophe – Ljubomir Jakic, éditeur, ex-Yougoslavie, Belgique, Adnen Jdey, chercheur, Tunisie - Franck Jedrzejewski, philosophe - Adrian O Johnston, philosophe, USA – Gernot Kamecke, romaniste, philosophe, traducteur, Allemagne - Walter Kohan, Brésil - Jean-Luc Laurent, auditeur libre de philosophie – Carole Lagraulet, responsable sociale - Mauricio Langon, philosophe, Uruguay – Gustavo Lanzaro, écrivain, Uruguay – Grégoire Letouvet, metteur en scène - Denis Levy, cinéaste, directeur de L'art du cinéma – Martin Lojo, journaliste, argentine - J. Liam Fox, UK -Norman Madarasz, philosophe, Rio, Bresil - Maurice Matieu, artiste peintre – Victor Hugo Militello, militant, Argentine – Ivana Momcilovic, dramaturge, ex-Yougoslavie, Belgique - François Nicolas, compositeur – Christopher Norris, philosophe, UK – Martine Potel, infirmière - Leandro Garcia Poyzo, philosophe, Argentine – Ozren Pupovac, philosophe - Julien Rousseau, chargé de recrutement – Rodney Ramdas, philosophe, UK – François Regnault, philosophe - Kenneth Reinhard, philosophe, USA – Pablo Rodriguez, professeur d'Université, Argentine – Maria del Carmen Rodriguez, universitaire, écrivain, traductrice, Argentine – Ana Rozitchner Mebarek, philosophe, Argentine - Sophie Raous, doctorante en géologie – Frank Ruda, philosophe, Allemagne – Carlos de Santos, éditeur, Argentine - Pierre Sauvêtre, doctorant IEP de Paris - Florent Schoumacher – Zana Stefanovic, doctorante en philosophie - Aris Stilianou, philosophe, université de Thessalonique, Grèce - Julia Sushytska, philosophe, université de Redlands, USA - Michel Surya, écrivain, directeur des éditions Lignes - Angelina Uzin Olleros, philosophe, Argentine -Antonio Teixeira, enseignant, universitaire, Bresil - Marcus Vihalem, philosophe, université de Talinn, Estonie – Jan Völker, philosophe - Laura Yufra, philosophe, Argentine – Jorge Zanger, Argentine - Nicolas Zurstrassen, philosophe, Belgique – Claude Zylmans, libraire, Bruxelles
Chacun peut signer ce texte sur le site : 1000ripostes.blogspot.com
A riposte
A RIPOSTE
The lengthy article by Eric Conan: ‘Is Alain Badiou, the star philosopher, a bastard?’ published in the French weekly ‘Marianne’ (27 February 2010) is a political symptom par excellence of our sad times. It is a remarkable one for that too – as archetypes go – and a most representative product of today’s prevailing ideologies.
The article is an inquisitorial process to present the most widely read and translated French philosopher in the world as a sadistic guru of criminal politics and a lewd, thirsty vampire.
*
Eric Conan’s article seeks to discredit the name of Alain Badiou and the thoughts he represents today (and beyond), particularly among young intellectuals. It masquerades in the guise of an investigation, when what it aims to do is criminalize the man.
Indeed, Eric Conan’s article is devoid of any understanding of Badiou’s philosophy, his politics and the substance of his work. In other words, the article is an absolute vacuity. It reveals the workings of a creepy strategy favoured by some journalism, one that is lost in the inessential: when the ‘ad hominem’ replaces the question of ‘Ideas’ and when unfounded personal allegations become the art of trash thoughts.
Eric Doran’s article is a model of our ‘non-thinking’ times. It is the quintessential, more or less unconscious, of the tamed and opiated ideology propagated by this type of journalism: one that understands a book without reading it, thus reducing it to a witch-hunt; one that sees Communism as the reverse of Nazism and treats those citizens who lay claim to it or indeed, who are won over by it, in whatever form, as basically sick individuals. In effect, the aberrant equation of our times is this: Communism = Nazism. Period.
*
Against this, we assert the following:
1. That the work of Alain Badiou is that of a great philosopher. Those who wish to contest this statement must first go through the complexities of ‘ l’Etre et l’Evenement and ‘Logiques des mondes’. It will then remain to be seen whether this statement can still be denied, notwithstanding the resentment at having understood nothing of his work.
2. That the political positions of Alain Badiou, namely, on the one hand, his criticism of ‘capital-parliamentarism’; the confusion between democracy’s empty form and its lifeblood; the circus that is parliamentary representation; and on the other hand, his assertion for a ‘generic communism’, supported by the ‘Idea’ of equality, from Spartacus to our present day. These are indeed the only positions that now deserve the name of authentic politics.
The rest is well established and is given the blessing by both institutions and humans. Those who dare criticize are immediately classed as werewolves and diabolical anti-democrats; this attitude sums up the contemporary version of a ‘skunk’ ideology: one that is only half-conscious of its own scent. In other words, when 9 million men and women worldwide are dying every year of hunger and disease, we prefer debating the ‘lucky hand’ or, for that matter, the ‘cheater hand’ of Henry the footballer. Or when we assign an asylum-seeker, an Arab or a black to a delinquency status; or when we make the world believe that its central problem lies in defeating Al Qaeda’s terror; or when we slide into a confusion that is so utterly stupid that we lump together 1.5 billion Muslims - who are so different from one another -in one category, that of a purely sectarian phenomenon. We make an exception for the burka – which, incidentally, is no more disgusting than the right to dye one’s hair red – and make it society’s major debate…
The rest, or the non-authentic politics, is when we endorse the ghost of democracy whose roots lie in our old institutions and their variable geometrical parameters, thus making obsolete the vote of the people on Europe by a hocus-pocus in the House of Deputies. It is when everyday citizens are presented with ludicrous categories: bad communists and good democrats, good America and bad Saddam ... It is when we glamorize the French Revolution and demonize the Russian Revolution; It is when we divide to rule better as we watch incredulously the financial flows being virtually created and lost; It is when we are finally satisfied with the way the world is, and continues to be…It is when we are made to believe that the possible is impossible.
3) It is, therefore, difficult to pass Alain Badiou for a crazy loner. The reality is that we have had enough of these lies, of complaisance to this system, and that we will never renounce the ‘Idea of Communism’. This ‘Idea’, as problematic as it is and so new its embodiment does not prevent us from being as critical as we want to be of the history of 20th century’s communism. We are and can be as different from one another in our proposals but we all know and agree on one thing: that a communism to reinvent, of a new and undefined kind, is the only future for humanity. This is because we think this is the one and only eternal political truth and the only justice that the rational mind can ever conceive.
*
The times no longer belong, whether one likes it or not, to the spineless, self-styled and unscrupulous ‘new philosophers’ – but to the philosophers of renewal.
Slavoj Zizek, Fabien Tarby
Translation : Nada Cabani
***
A riposte
El largo artículo escrito por Eric Conan titulado “¿Es Alain Badiou, el filósofo estrella, un hijo de puta? y publicado por la revista semanal “Marianne” (27 de febrero de 2010) es por excelencia un síntoma político de nuestros tristes tiempos. El título es notable de acuerdo a los arquetipos actuales y un ejemplo de las producciones más representativas de la ideología que prevalece.
Se trata de un proceso inquisitorio que intenta presentar al filósofo francés más leído, traducido y comentado en el mundo (lo cual es un hecho) como una especie de gurú sádico, un criminal político o un sediento y lascivo vampiro.
El artículo de Eric Conan busca desacreditar el nombre de Alain Badiou y al pensamiento que él representa hoy en día (y más allá), especialmente entre los jóvenes intelectuales. Este artículo es un disfraz que, bajo el gesto de una investigación, pretende criminalizar al humano.
El artículo de Eric Conan, de hecho, no únicamente carece de la comprensión filosófica necesaria sino también de la comprensión política suficiente sobre la obra de Badiou. Es de una vacuidad absoluta. Lo único que revela es la estrategia de un periodismo rastrero y su desorientación en lo inesencial: un periodismo que remplaza las ideas por los ataques “ad hominem”, un periodismo que se basa en el arte de encontrar pensamientos e ideas en los alegatos e incidentes personales.
El artículo de Eric Conan es ejemplar del régimen de no-pensamiento de nuestros tiempos. Él constituye la quintaesencia, más o menos inconsciente, de una ideología dulce y opiácea de un cierto periodismo que se ha extendido ampliamente: uno que incluye a una obra sin leerla, un periodismo que se reduce a una cacería de brujas de todo aquél que vea al comunismo como el reverso del nazismo, que entre los ciudadanos que afirmen esta oposición no vería sino gente básicamente enferma. La ecuación aberrante de nuestro tiempo es de hecho la siguiente: comunismo = nazismo. Punto.
Contra todo lo anterior afirmamos lo siguiente:
La obra de Badiou es la de un gran filósofo. Todos aquellos que quieran contestar este punto deberán pasar por los arcanos de “El ser y el acontecimiento” y “Lógicas de los mundos”. Veremos entonces si negar este punto no es producto del resentimiento de no haber entendido nada.
Las posiciones políticas de Alain Badiou son varias, a saber: por un lado su crítica al “capital-parlamentarismo”, a la confusión entre la democracia vacía y su fuerza viva, al show de la representación parlamentaria; por otro lado la afirmación de un “comunismo genérico” sostenido por la Idea de igualdad y de un Espartaco actual: son ellas las únicas posiciones que merecen hoy el nombre de una auténtica política
El resto es una política bien establecida, bendecida tanto por las estructuras como por los hombres y cuya crítica es asimilada inmediatamente a las figuras de los hombres lobo o de los diabólicos antidemócratas. Esta actitud se suma a una versión canalla de nuestra ideología: una que es medio consciente de su propia esencia. En otras palabras, cuando 9 millones de hombres y mujeres en todo el mundo mueren de hambre o enfermedades cada año preferimos hablar de “la mano suertuda” o “la mano tramposa” del futbolista Henry. O cuando le asignamos un status de delincuente a un árabe o a un negro que busca asilo; cuando hacemos al mundo creer que el principal problema actual es derrotar al terror de Al Qaeda; cuando incurrimos en la confusión de agrupar mil quinientos millones de musulmanes (los cuales son muy diferentes unos entre otros) en la categoría de un fenómeno sectario. Hacemos una excepción con la burka, el velo, el cual es incidentalmente no menos desagradable que hacer del derecho a tener le pelo rojo el debate más importante de nuestra sociedad.
El resto, o la política que no es auténtica, es cuando avalamos al fantasma de la democracia cuyas raíces se encuentran en nuestras viejas instituciones y sus variables parámetros geométricos, volviendo obsoleto el voto de la gente europea convirtiéndolo a través de un abracadabra en una cámara de diputados. Es ahí cuando los ciudadanos día a día son presentados bajo categorías ridículas: los malos comunistas y los buenos demócratas, la buena América y al mal Sadam… Es justamente ahí cuando hablamos de la Revolución Francesa con gran glamour y satanizamos a la Revolución Rusa; es ahí cuando dividimos al pueblo y al Estado para que se gobierne mejor, mientras observamos a los increíbles flujos financieros crearse y desaparecer de maneras impresionantes. En fin, cuando nos encontramos satisfechos con el mundo tal como está… Es ahí cuando creemos que lo posible es imposible.
Es difícil entonces hacer pasar a Alain Badiou como un loco solitario. La verdad es que estamos hartos de estas mentiras, de la complacencia con el sistema y nunca renunciaremos a la “Idea del comunismo”. Esta “Idea”, así de problemática como es, así como sea su nueva forma de realización, así como sean las criticas que le hacemos a su historia en el siglo pasado, así como sean de diferentes sus proposiciones, estamos seguros de una cosa: que el comunismo que hay que reinventar, el que debe ser nuevo pero hoy está todavía indefinido, es el único futuro para la humanidad. Porque esta Idea es eterna y la única política verdadera, la única justicia que la razón humana puede sanamente concebir.
Les guste o no, el tiempo de los filósofos sin escrúpulos y arrivistas ha pasado. No son tiempos de los “nuevos filósofos” sino de los filósofos de la renovación.
Slavoj Zizek y Fabien Tarby, filósofos
Y los primeros firmantes:
Traducción: Carlos Gómez Camarena
Rodney C. Abbott, philosophe, USA - Camila Arbuet, étudiante, Argentine - Pierre Asquier, ingénieur géologue - Mehdi Belhaj Kacem, philosophe – Véronique Bergen, philosophe, écrivain, Belgique - Livio Boni, philosophe, psychologue clinicien, traducteur - Thomas Boisaubert, consultant en informatique – Bruno Besana, philosophe, Italie - Bruno Bosteels, philosophe, Cornell university, Ithaca – Moses Boudourides, philosophe, Grèce -Nada Cabani, écrivain, UK – Emilio Cafassi, université des sciences sociales de Buenos Aires, Argentine - Carlos Gomez Camarena, psychanalyste, Mexique – Miguel Candioti, philosophe, Argentine - Raul Cerdeiras, philosophe, Argentine – Alejandro Cerletti, philosophe, Argentine - Lorenzo Chiesa, philosophe, université de Kent – François Coadou, philosophe – Lidia Garcia de Vicana, traductrice, Espagne - François Duvert, philosophe – Les éditions Edicija Jugoslavija - Roque Farran, psychanalyste, Argentine - Oliver Feltham, philosophe, American university of Paris – Nicolas Floury, psychologue, philosophe – Florian Gulli, philosophe – Eric Hazan, écrivain, directeur des éditions La Fabrique - Valentin Husson, philosophe – Ljubomir Jakic, éditeur, ex-Yougoslavie, Belgique, Adnen Jdey, chercheur, Tunisie - Franck Jedrzejewski, philosophe - Adrian O Johnston, philosophe, USA – Gernot Kamecke, romaniste, philosophe, traducteur, Allemagne - Walter Kohan, Brésil - Jean-Luc Laurent, auditeur libre de philosophie – Carole Lagraulet, responsable sociale - Mauricio Langon, philosophe, Uruguay – Gustavo Lanzaro, écrivain, Uruguay – Grégoire Letouvet, metteur en scène - Denis Levy, cinéaste, directeur de L'art du cinéma – Martin Lojo, journaliste, argentine - J. Liam Fox, UK -Norman Madarasz, philosophe, Rio, Bresil - Maurice Matieu, artiste peintre – Victor Hugo Militello, militant, Argentine – Ivana Momcilovic, dramaturge, ex-Yougoslavie, Belgique - François Nicolas, compositeur – Christopher Norris, philosophe, UK – Martine Potel, infirmière - Leandro Garcia Poyzo, philosophe, Argentine – Ozren Pupovac, philosophe - Julien Rousseau, chargé de recrutement – Rodney Ramdas, philosophe, UK – François Regnault, philosophe - Kenneth Reinhard, philosophe, USA – Pablo Rodriguez, professeur d'Université, Argentine – Maria del Carmen Rodriguez, universitaire, écrivain, traductrice, Argentine – Ana Rozitchner Mebarek, philosophe, Argentine - Sophie Raous, doctorante en géologie – Frank Ruda, philosophe, Allemagne – Carlos de Santos, éditeur, Argentine - Pierre Sauvêtre, doctorant IEP de Paris - Florent Schoumacher – Zana Stefanovic, doctorante en philosophie - Aris Stilianou, philosophe, université de Thessalonique, Grèce - Julia Sushytska, philosophe, université de Redlands, USA - Michel Surya, écrivain, directeur des éditions Lignes - Angelina Uzin Olleros, philosophe, Argentine -Antonio Teixeira, enseignant, universitaire, Bresil - Marcus Vihalem, philosophe, université de Talinn, Estonie – Jan Völker, philosophe - Laura Yufra, philosophe, Argentine – Jorge Zanger, Argentine - Nicolas Zurstrassen, philosophe, Belgique – Claude Zylmans, libraire, Bruxelles
The lengthy article by Eric Conan: ‘Is Alain Badiou, the star philosopher, a bastard?’ published in the French weekly ‘Marianne’ (27 February 2010) is a political symptom par excellence of our sad times. It is a remarkable one for that too – as archetypes go – and a most representative product of today’s prevailing ideologies.
The article is an inquisitorial process to present the most widely read and translated French philosopher in the world as a sadistic guru of criminal politics and a lewd, thirsty vampire.
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Eric Conan’s article seeks to discredit the name of Alain Badiou and the thoughts he represents today (and beyond), particularly among young intellectuals. It masquerades in the guise of an investigation, when what it aims to do is criminalize the man.
Indeed, Eric Conan’s article is devoid of any understanding of Badiou’s philosophy, his politics and the substance of his work. In other words, the article is an absolute vacuity. It reveals the workings of a creepy strategy favoured by some journalism, one that is lost in the inessential: when the ‘ad hominem’ replaces the question of ‘Ideas’ and when unfounded personal allegations become the art of trash thoughts.
Eric Doran’s article is a model of our ‘non-thinking’ times. It is the quintessential, more or less unconscious, of the tamed and opiated ideology propagated by this type of journalism: one that understands a book without reading it, thus reducing it to a witch-hunt; one that sees Communism as the reverse of Nazism and treats those citizens who lay claim to it or indeed, who are won over by it, in whatever form, as basically sick individuals. In effect, the aberrant equation of our times is this: Communism = Nazism. Period.
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Against this, we assert the following:
1. That the work of Alain Badiou is that of a great philosopher. Those who wish to contest this statement must first go through the complexities of ‘ l’Etre et l’Evenement and ‘Logiques des mondes’. It will then remain to be seen whether this statement can still be denied, notwithstanding the resentment at having understood nothing of his work.
2. That the political positions of Alain Badiou, namely, on the one hand, his criticism of ‘capital-parliamentarism’; the confusion between democracy’s empty form and its lifeblood; the circus that is parliamentary representation; and on the other hand, his assertion for a ‘generic communism’, supported by the ‘Idea’ of equality, from Spartacus to our present day. These are indeed the only positions that now deserve the name of authentic politics.
The rest is well established and is given the blessing by both institutions and humans. Those who dare criticize are immediately classed as werewolves and diabolical anti-democrats; this attitude sums up the contemporary version of a ‘skunk’ ideology: one that is only half-conscious of its own scent. In other words, when 9 million men and women worldwide are dying every year of hunger and disease, we prefer debating the ‘lucky hand’ or, for that matter, the ‘cheater hand’ of Henry the footballer. Or when we assign an asylum-seeker, an Arab or a black to a delinquency status; or when we make the world believe that its central problem lies in defeating Al Qaeda’s terror; or when we slide into a confusion that is so utterly stupid that we lump together 1.5 billion Muslims - who are so different from one another -in one category, that of a purely sectarian phenomenon. We make an exception for the burka – which, incidentally, is no more disgusting than the right to dye one’s hair red – and make it society’s major debate…
The rest, or the non-authentic politics, is when we endorse the ghost of democracy whose roots lie in our old institutions and their variable geometrical parameters, thus making obsolete the vote of the people on Europe by a hocus-pocus in the House of Deputies. It is when everyday citizens are presented with ludicrous categories: bad communists and good democrats, good America and bad Saddam ... It is when we glamorize the French Revolution and demonize the Russian Revolution; It is when we divide to rule better as we watch incredulously the financial flows being virtually created and lost; It is when we are finally satisfied with the way the world is, and continues to be…It is when we are made to believe that the possible is impossible.
3) It is, therefore, difficult to pass Alain Badiou for a crazy loner. The reality is that we have had enough of these lies, of complaisance to this system, and that we will never renounce the ‘Idea of Communism’. This ‘Idea’, as problematic as it is and so new its embodiment does not prevent us from being as critical as we want to be of the history of 20th century’s communism. We are and can be as different from one another in our proposals but we all know and agree on one thing: that a communism to reinvent, of a new and undefined kind, is the only future for humanity. This is because we think this is the one and only eternal political truth and the only justice that the rational mind can ever conceive.
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The times no longer belong, whether one likes it or not, to the spineless, self-styled and unscrupulous ‘new philosophers’ – but to the philosophers of renewal.
Slavoj Zizek, Fabien Tarby
Translation : Nada Cabani
***
A riposte
El largo artículo escrito por Eric Conan titulado “¿Es Alain Badiou, el filósofo estrella, un hijo de puta? y publicado por la revista semanal “Marianne” (27 de febrero de 2010) es por excelencia un síntoma político de nuestros tristes tiempos. El título es notable de acuerdo a los arquetipos actuales y un ejemplo de las producciones más representativas de la ideología que prevalece.
Se trata de un proceso inquisitorio que intenta presentar al filósofo francés más leído, traducido y comentado en el mundo (lo cual es un hecho) como una especie de gurú sádico, un criminal político o un sediento y lascivo vampiro.
El artículo de Eric Conan busca desacreditar el nombre de Alain Badiou y al pensamiento que él representa hoy en día (y más allá), especialmente entre los jóvenes intelectuales. Este artículo es un disfraz que, bajo el gesto de una investigación, pretende criminalizar al humano.
El artículo de Eric Conan, de hecho, no únicamente carece de la comprensión filosófica necesaria sino también de la comprensión política suficiente sobre la obra de Badiou. Es de una vacuidad absoluta. Lo único que revela es la estrategia de un periodismo rastrero y su desorientación en lo inesencial: un periodismo que remplaza las ideas por los ataques “ad hominem”, un periodismo que se basa en el arte de encontrar pensamientos e ideas en los alegatos e incidentes personales.
El artículo de Eric Conan es ejemplar del régimen de no-pensamiento de nuestros tiempos. Él constituye la quintaesencia, más o menos inconsciente, de una ideología dulce y opiácea de un cierto periodismo que se ha extendido ampliamente: uno que incluye a una obra sin leerla, un periodismo que se reduce a una cacería de brujas de todo aquél que vea al comunismo como el reverso del nazismo, que entre los ciudadanos que afirmen esta oposición no vería sino gente básicamente enferma. La ecuación aberrante de nuestro tiempo es de hecho la siguiente: comunismo = nazismo. Punto.
Contra todo lo anterior afirmamos lo siguiente:
La obra de Badiou es la de un gran filósofo. Todos aquellos que quieran contestar este punto deberán pasar por los arcanos de “El ser y el acontecimiento” y “Lógicas de los mundos”. Veremos entonces si negar este punto no es producto del resentimiento de no haber entendido nada.
Las posiciones políticas de Alain Badiou son varias, a saber: por un lado su crítica al “capital-parlamentarismo”, a la confusión entre la democracia vacía y su fuerza viva, al show de la representación parlamentaria; por otro lado la afirmación de un “comunismo genérico” sostenido por la Idea de igualdad y de un Espartaco actual: son ellas las únicas posiciones que merecen hoy el nombre de una auténtica política
El resto es una política bien establecida, bendecida tanto por las estructuras como por los hombres y cuya crítica es asimilada inmediatamente a las figuras de los hombres lobo o de los diabólicos antidemócratas. Esta actitud se suma a una versión canalla de nuestra ideología: una que es medio consciente de su propia esencia. En otras palabras, cuando 9 millones de hombres y mujeres en todo el mundo mueren de hambre o enfermedades cada año preferimos hablar de “la mano suertuda” o “la mano tramposa” del futbolista Henry. O cuando le asignamos un status de delincuente a un árabe o a un negro que busca asilo; cuando hacemos al mundo creer que el principal problema actual es derrotar al terror de Al Qaeda; cuando incurrimos en la confusión de agrupar mil quinientos millones de musulmanes (los cuales son muy diferentes unos entre otros) en la categoría de un fenómeno sectario. Hacemos una excepción con la burka, el velo, el cual es incidentalmente no menos desagradable que hacer del derecho a tener le pelo rojo el debate más importante de nuestra sociedad.
El resto, o la política que no es auténtica, es cuando avalamos al fantasma de la democracia cuyas raíces se encuentran en nuestras viejas instituciones y sus variables parámetros geométricos, volviendo obsoleto el voto de la gente europea convirtiéndolo a través de un abracadabra en una cámara de diputados. Es ahí cuando los ciudadanos día a día son presentados bajo categorías ridículas: los malos comunistas y los buenos demócratas, la buena América y al mal Sadam… Es justamente ahí cuando hablamos de la Revolución Francesa con gran glamour y satanizamos a la Revolución Rusa; es ahí cuando dividimos al pueblo y al Estado para que se gobierne mejor, mientras observamos a los increíbles flujos financieros crearse y desaparecer de maneras impresionantes. En fin, cuando nos encontramos satisfechos con el mundo tal como está… Es ahí cuando creemos que lo posible es imposible.
Es difícil entonces hacer pasar a Alain Badiou como un loco solitario. La verdad es que estamos hartos de estas mentiras, de la complacencia con el sistema y nunca renunciaremos a la “Idea del comunismo”. Esta “Idea”, así de problemática como es, así como sea su nueva forma de realización, así como sean las criticas que le hacemos a su historia en el siglo pasado, así como sean de diferentes sus proposiciones, estamos seguros de una cosa: que el comunismo que hay que reinventar, el que debe ser nuevo pero hoy está todavía indefinido, es el único futuro para la humanidad. Porque esta Idea es eterna y la única política verdadera, la única justicia que la razón humana puede sanamente concebir.
Les guste o no, el tiempo de los filósofos sin escrúpulos y arrivistas ha pasado. No son tiempos de los “nuevos filósofos” sino de los filósofos de la renovación.
Slavoj Zizek y Fabien Tarby, filósofos
Y los primeros firmantes:
Traducción: Carlos Gómez Camarena
Rodney C. Abbott, philosophe, USA - Camila Arbuet, étudiante, Argentine - Pierre Asquier, ingénieur géologue - Mehdi Belhaj Kacem, philosophe – Véronique Bergen, philosophe, écrivain, Belgique - Livio Boni, philosophe, psychologue clinicien, traducteur - Thomas Boisaubert, consultant en informatique – Bruno Besana, philosophe, Italie - Bruno Bosteels, philosophe, Cornell university, Ithaca – Moses Boudourides, philosophe, Grèce -Nada Cabani, écrivain, UK – Emilio Cafassi, université des sciences sociales de Buenos Aires, Argentine - Carlos Gomez Camarena, psychanalyste, Mexique – Miguel Candioti, philosophe, Argentine - Raul Cerdeiras, philosophe, Argentine – Alejandro Cerletti, philosophe, Argentine - Lorenzo Chiesa, philosophe, université de Kent – François Coadou, philosophe – Lidia Garcia de Vicana, traductrice, Espagne - François Duvert, philosophe – Les éditions Edicija Jugoslavija - Roque Farran, psychanalyste, Argentine - Oliver Feltham, philosophe, American university of Paris – Nicolas Floury, psychologue, philosophe – Florian Gulli, philosophe – Eric Hazan, écrivain, directeur des éditions La Fabrique - Valentin Husson, philosophe – Ljubomir Jakic, éditeur, ex-Yougoslavie, Belgique, Adnen Jdey, chercheur, Tunisie - Franck Jedrzejewski, philosophe - Adrian O Johnston, philosophe, USA – Gernot Kamecke, romaniste, philosophe, traducteur, Allemagne - Walter Kohan, Brésil - Jean-Luc Laurent, auditeur libre de philosophie – Carole Lagraulet, responsable sociale - Mauricio Langon, philosophe, Uruguay – Gustavo Lanzaro, écrivain, Uruguay – Grégoire Letouvet, metteur en scène - Denis Levy, cinéaste, directeur de L'art du cinéma – Martin Lojo, journaliste, argentine - J. Liam Fox, UK -Norman Madarasz, philosophe, Rio, Bresil - Maurice Matieu, artiste peintre – Victor Hugo Militello, militant, Argentine – Ivana Momcilovic, dramaturge, ex-Yougoslavie, Belgique - François Nicolas, compositeur – Christopher Norris, philosophe, UK – Martine Potel, infirmière - Leandro Garcia Poyzo, philosophe, Argentine – Ozren Pupovac, philosophe - Julien Rousseau, chargé de recrutement – Rodney Ramdas, philosophe, UK – François Regnault, philosophe - Kenneth Reinhard, philosophe, USA – Pablo Rodriguez, professeur d'Université, Argentine – Maria del Carmen Rodriguez, universitaire, écrivain, traductrice, Argentine – Ana Rozitchner Mebarek, philosophe, Argentine - Sophie Raous, doctorante en géologie – Frank Ruda, philosophe, Allemagne – Carlos de Santos, éditeur, Argentine - Pierre Sauvêtre, doctorant IEP de Paris - Florent Schoumacher – Zana Stefanovic, doctorante en philosophie - Aris Stilianou, philosophe, université de Thessalonique, Grèce - Julia Sushytska, philosophe, université de Redlands, USA - Michel Surya, écrivain, directeur des éditions Lignes - Angelina Uzin Olleros, philosophe, Argentine -Antonio Teixeira, enseignant, universitaire, Bresil - Marcus Vihalem, philosophe, université de Talinn, Estonie – Jan Völker, philosophe - Laura Yufra, philosophe, Argentine – Jorge Zanger, Argentine - Nicolas Zurstrassen, philosophe, Belgique – Claude Zylmans, libraire, Bruxelles
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